Climat, air, énergie

État des lieux du changement climatique en Guyane

Le changement climatique est principalement dû au rejet par l’homme de gaz « à effet de serre », qui s’accumule dans l’atmosphère. Cet effet de serre a permis à la vie de se développer sur terre, mais son augmentation réchauffe la planète au-delà de son équilibre actuel et met en péril de nombreuses espèces, l’Homme compris.

Schéma de l’effet de serre

Schéma de l’effet de serre. Voir descriptif détaillé ci-après

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Descriptif détaillé du schéma (PDF - 114.89 Ko)

Afin de lutter contre le réchauffement climatique, les pays industrialisés se sont fixé comme objectif de contenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en deçà de 2 °C entre le début de l’ère industrielle et la fin de ce siècle (2100) pour éviter un emballement climatique.

En Guyane, on a observé une augmentation des températures moyennes annuelles de 1,36 °C entre 1955 et 2009, conforme avec les observations mondiales (source Météo France).

Évolution des températures moyennes en Guyane entre 1955 et 2009 (source : Météo-France)

Graphique de l'évolution des températures moyennes en Guyane entre 1955 et 2009. Voir descriptif détaillé ci-après

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Descriptif détaillé du graphique (PDF - 119.1 Ko)

Au niveau mondial, la consommation d’énergies fossiles est le principal contributeur à l’augmentation de l’effet de serre. En Guyane en 2015, les énergies renouvelables non carbonées n’ont représenté que 3 % des 3 200 GWh consommés, le reste étant dévolu à des énergies fossiles (essence, gazole, kérosène, fioul…) et au barrage hydroélectrique de Petit Saut (470 GWh), qui émet autant de gaz à effet de serre qu’une centrale thermique.

Lire l’article « L’énergie hydraulique »

Mais la principale cause d’émission de gaz à effet de serre reste en Guyane le changement d’affectation des sols, c’est-à-dire la conversion de sols forestiers en sols agricoles ou urbains. Le couvert forestier est alors brûlé ou entassé et se dégrade, rejetant dans les deux cas du gaz carbonique (CO2) et du méthane (CH4).

La combustion d’un hectare de forêt émet à peu près autant de gaz à effet de serre qu’un vol transatlantique Cayenne-Paris. Maîtriser et optimiser l’usage du foncier, tout en permettant à la Guyane de se développer, est le principal levier de limitation de la contribution du territoire au changement climatique.

► Pour en savoir plus sur l’impact du changement climatique, lire l’article « Observatoire du carbone ».

Risqués liés au changement climatique en Guyane

Les rejets de gaz influent aussi sur la qualité de l’air et l’ADEME a participé à la création de l’Observatoire régional de l’air (ORA) qui produit les indices Atmo.

L’augmentation de la température

Les actions de l’ADEME concernent en premier lieu la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de maintenir le cap des +2 °C, mais aussi l’adaptation du territoire à ces changements climatiques.

Ainsi l’ADEME avec ses partenaires du Programme régional pour la maitrise de l’énergie (PRME), la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement de la Guyane (DEAL) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont mené une étude sur les impacts du changement climatique en Guyane. Si l’évolution des précipitations n’y est pas très nette, toutes les projections montrent une évolution des températures supérieures à 1 °C, qui pourrait être amplifiée en ville par le phénomène d’îlots de chaleur.

Lire la note de synthèse « Changement climatique en Guyane : étude complémentaire sur les données hydroclimatiques et de qualité de l’air » (PDF - 1.57 Mo) (ADEME, 2013)

Lire le rapport final « Le changement climatique en Guyane : conséquences potentielles et pistes de réflexion pour l’adaptation régionale » (PDF - 4.03 Mo) (ADEME, 2013)

La montée du niveau des mers

Le risque principal concerne la montée du niveau des mers : le niveau moyen augmente de 3,5 mm/an, rythme légèrement supérieur au rythme mondial.

En effet, cette augmentation dépend des apports d’eau douce liée à la fonte des neiges, mais surtout de la dilatation de la mer qui se réchauffe. Ainsi entre 1970 et 2004, la température des eaux de surface a augmenté de 0,65 °C.

Évolution du niveau moyen de la mer au large de la Guyane entre 1992 et 2012

Évolution du niveau moyen de la mer au large de la Guyane entre 1992 et 2012. Descriptif détaillé ci-après

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Descriptif détaillé du graphique (PDF - 113.22 Ko)

Une plaquette, éditée par les partenaires, présente les effets pour les principaux secteurs d’activité concernés (PDF - 2.46 Mo) .

La majorité de la population vit sur la bande littorale, souvent à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. La montée de celui-ci entrainerait des risques d’inondation accrus, voire de subduction marine et de submersion. Le trait de côte peut reculer.

Le réaménagement urbain

Afin d’éviter d’aménager des zones qui deviendront inondables dans les décennies à venir, les plans locaux d’urbanisme et les plans de prévention des risques inondation de Guyane considèrent une montée du niveau de la mer de 1 mètre hélas probable.

La remontée des eaux salines dans les estuaires a déjà entrainé le besoin de déplacer plus en amont des points de captage (Saint-Laurent-du-Maroni) ou des solutions palliatives (Compté), ce qui pourra encore nécessiter des investissements.

Les risques d’inondations sont accentués par les pluies : la terre gorgée d’eau n’arrive plus à l’absorber et la faible différence de niveau entre les canaux et la mer, surtout à marée haute rend difficile son évacuation. Tout ce qui freine l’écoulement de l’eau peut alors être cause ou facteur aggravant d’inondations. Ainsi, pour les zones déjà aménagées, des travaux hydrauliques fréquents sont à prévoir (curage des canaux, aménagement des traversées de voiries…).

Enfin, s’il semble y avoir encore des marges de résilience, plus de sécheresse, ou plus de pluie, ou encore des saisonnalités plus marquées pourraient avoir des impacts sur l’agriculture et la forêt, mais aussi sur la production d’électricité, qui devrait dès 2030 ne plus dépendre que des énergies renouvelables locales (soleil, pluie et végétation).

La santé des Hommes et des espèces animales

L’augmentation des températures de l’air pourrait avoir un effet sur la santé des personnes fragiles, sur le développement des moustiques, etc.

L’augmentation des températures de la mer entraîne des migrations d’espèces vers des zones plus froides (par exemple vers les Caraïbes), déjà observées. Ainsi l’Acoupa et le Machoiran seraient sensibles à ce réchauffement. Mais étant sous l’équateur, la zone la plus chaude, comment nos espèces survivront et comment les remplacer en cas de migration ?

Les actions de l’ADEME

L’ADEME accompagne les acteurs du territoire dans la mise en place d’une stratégie d’atténuation du changement climatique et d’adaptation. Elle soutient les projets innovants et ambitieux de maîtrise de la demande énergétique, de production d’énergie renouvelable, de développement de bâtiments tertiaires ou résidentiels exemplaires ou démonstrateurs comme la construction de logements collectifs.

Elle apporte son expertise technique dans le cadre de la réalisation des Plans climat air énergie (PCAET) et aide à la réalisation des plans d’actions concrètes qui en découlent.

Lire le guide ADEME « PCAET : comprendre, construire et mettre en œuvre »