Biomasse

La biomasse au cœur du mix énergétique de la Guyane

On entend par biomasse l’ensemble des matières végétales : bois, déchets d’exploitation forestière, déchets d’industrie, déchets agricoles, déchets verts et fractions fermentescibles des ordures ménagères.

La biomasse est la seule énergie renouvelable qui s’appuie sur un combustible. Cela implique la possibilité de stocker ce combustible, mais aussi la possibilité de créer des emplois pour l’approvisionnement des centrales.

Ainsi, une centrale biomasse est une centrale thermique (renouvelable) et se comporte comme une centrale diesel. Stable, prévisible et pilotable, elle rend les mêmes « services systèmes » et est donc indispensable dans le mix énergétique pour atteindre les 100 % énergies renouvelables.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de 2017 s’appuie fortement sur la biomasse, prévoyant 40 MW d’ici 2023 et 60 MW d’ici 2028. La filière se constitue et des formations (bucherons, conducteurs d’engins, chauffeurs…) sont prévues afin de garantir des emplois locaux.

Au-delà du déploiement de ces centrales électriques fonctionnant avec du bio combustible, la biomasse peut aussi produire des biocarburants et du biogaz. Les gisements de ces filières sont plus limités.

Les gisements biomasse de la Guyane

La cellule biomasse, à travers ses investigations et l’examen des plans d’approvisionnement des centrales tient à jour un tableau des gisements localisés.

Lire la note de la cellule biomasse à la Commission de régulation de l’énergie (8 mars 2016) « Les sources d’approvisionnement de la filière biomasse en Guyane » (PDF - 86.84 Ko)

Voir la carte « Estimation des gisements de biomasse » (PDF - 842.97 Ko)

La cellule biomasse a identifié les différentes ressources pouvant être mobilisées :

  • les connexes d’exploitation du bois d’œuvre (qui sont actuellement abandonnés en forêt). Environ 1,5 tonne de bois énergie peut être collecté par tonne de grume de bois d’œuvre sortie. Ce gisement croitra avec le développement des activités de sciage prévu par la filière. Le principal massif forestier étant situé entre Régina et Saint-Georges, sa valorisation est freinée par l’absence de ligne de transport d’électricité vers l’Est de la Guyane ;
  • les connexes de scierie (dosses, chutes, sciure). Ils sont déjà mobilisés par la centrale de Kourou, pour un volume de 30 000 tonnes/an, mais devraient augmenter avec les volumes de sciage, dont le rendement matière est inférieur à 50 % ;
  • la valorisation des bois ennoyés dans la retenue du barrage de Petit Saut (plus de 300 km²). Après une montée en puissance progressive, le stock de bois ennoyé permettra son exploitation pendant au moins 25 ans ;
  • la valorisation des bois issus des défriches agricoles, actuellement brûlés en parcelle, qui devraient croitre avec les aménagements agricoles, puis progressivement se réduire d’ici 20 ans ;
  • la valorisation des bois issus de défriches urbaines, dont la production est limitée et varie selon les aménagements. La création de zones d’Opérations d’intérêt général (OIN) va toutefois faciliter la mise à disposition de ces bois ;
  • diverses solutions de plantations à vocation énergétique :
    • la valorisation de plantes destinées à rendre des services agricoles (par exemple fixatrices d’azotes) cultivées en interrang, au début de la mise en valeur de terres ou pour restaurer des terres en déprise. Ces activités peuvent être regroupées sous le terme d’agroforesterie ;
    • la plantation de bois d’œuvre, dont ¾ du volume est constitué de connexes d’exploitation (purges, houppiers…) valorisée en énergie ;
    • des plantations purement destinées à l’énergie : taillis à courte rotation, canne, bambou… Si ces cultures ne sont pas faites sur des terres en déprise, le bilan environnemental et carbone, qui doit intégrer l’impact de la défriche, doit alors être regardé de près.

Gisements biomasse mobilisables en tonnes de bois par an (selon l’inventaire cellule biomasse, 2017)

Gisements biomasse mobilisables en tonnes de bois par an. Voir descriptif détaillé ci-après

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Télécharger le descriptif détaillé du graphique (PDF - 149.28 Ko)

La biomasse énergie renouvelable ou de récupération ?

Une source renouvelable est une source qui se renouvelle au fur et à mesure de son exploitation. C’est le cas de l’exploitation forestière et des connexes de scierie, tous deux estampillés par le label Pan European Forest Certification (PEFC), ou même des plantations énergétiques pour peu que l’impact initial soit contenu.

Par contre, la mobilisation des défriches agricole et urbaine, des bois ennoyés et des déchets n’est pas renouvelable. Mais il s’agit de connexes d’autres activités qu’il serait dommage de ne pas valoriser. On parle alors d’énergie de récupération.

Le bilan carbone de la biomasse

L’ADEME a procédé à une première estimation de l’impact carbone de la biomasse, qui varie selon les ressources mobilisées.

Lire la note ADEME « Approche du bilan carbone de la biomasse en Guyane » (PDF - 332.08 Ko)

Biomasse en forêt

Le bilan carbone est très positif quand il s’agit de capter de la biomasse qui serait abandonnée en forêt, issue de la retenue de Petit Saut, mise en décharge ou brûlé lors de défriches agricoles.

En effet, la mécanisation et le transport de la matière ont un impact très faible, de l’ordre de 0,04 tonne CO2/tonnes de bois. À ce bilan s’ajoute le gazole évité dans les centrales thermiques, de 0,62 tonne CO2/tonnes de bois, permettant d’éviter par exemple au total 0,58 tonne CO2/tonnes de bois.

Plantations à vocation énergétique

Pour les plantations à vocation purement énergétiques, le bilan peut être moins positif. Il est en effet nécessaire d’amortir l’impact de la défriche initiale par la production de biomasse (la consommation de pétrole est donc évitée).

Une étude réalisée par l’Office national des forêts international (PDF - 426.79 Ko) en 2010 a montré qu’une défriche avec brûlage des bois sur la parcelle rejetait environ 600 tonnes de CO2 équivalent par hectare. La valorisation de cette biomasse en énergie permet de ramener cette dette initiale à 420 tonnes CO2 par hectare (ha).

Si la plantation a une dynamique de croissance de 30 tonnes de bois/ha/an, le rejet de carbone évité par la non-combustion de pétrole est de 18,5 tonnes CO2/ha/an.

Ainsi la dette carbone de la défriche est compensée en 23 ans. Cela reste toutefois bien plus acceptable qu’un grand barrage hydroélectrique, qui paye sa dette carbone en 100 ans.

Aussi, l’ADEME conseille de limiter l’usage des plantations énergétiques et :

  • compléter ou sécuriser un approvisionnement au bilan très positif (par exemple la valorisation de défriches agricoles) ;
  • approvisionner des centrales dont le bilan énergétique est amélioré, par exemple par la valorisation de la chaleur perdue (pour produire le froid du centre spatial, d’une usine ou d’une grande surface).

L’ADEME propose de limiter les plantations purement énergétiques à 10 % de la surface agricole utile, soit 3 000 ha aujourd’hui et 4000 ha en 2030.

Cette limitation concerne aussi les « déforestations indirectes » c’est-à-dire la conversion de terres agricoles en plantation énergétique, obligeant des déforestations pour maintenir la production agricole. Elle ne s’applique pas, par contre, dans le cas de terres en déprises non ou peu forestées, dont la dette carbone initiale est alors nulle.

Objectif et missions de l’ADEME

L’ADEME Guyane est fortement impliquée dans le développement des filières d’approvisionnement biomasse depuis 2006. Elle a réalisé de nombreuses études et continue de soutenir la biomasse, en apportant des aides aux études de faisabilité et d’études générales. Elle peut aussi accompagner la mise en place de chargés de mission.

Consulter le catalogue en ligne Rita Guyane

L’Agence a publié avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) un guide technique pour une utilisation énergétique des huiles végétales.

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Guide technique pour une utilisation énergétique des huiles végétales (CIRAD) (PDF - 3.97 Mo)

L’ADEME peut subventionner les investissements liés à la valorisation de la chaleur et/ou la méthanisation.

Pour plus d’information, contactez Pierre Courtiade de l’ADEME.

Quelques documents de référence