Actions de maîtrise de la demande en énergie

La consommation d’énergie en Guyane

En Guyane, la consommation d’énergie varie très peu depuis 2009, bien que la population et le PIB augmentent. Cela traduit des gains d’efficacité énergétique tant sur les appareils électriques que sur les transports, probablement en grande partie imputables aux étiquettes énergie et donc à des stratégies européennes plus que locales.

Évolution de 2009 à 2015 de la consommation d’énergie finale par produit et du taux de dépendance énergétique (axe de droite)

Évolution de 2009 à 2015 de la consommation d’énergie finale par produit et du taux de dépendance énergétique. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Télécharger le descriptif détaillé du graphique (PDF - 165.35 Ko)

Le taux de dépendance énergétique varie légèrement avec l’hydraulicité et donc la production du barrage de Petit Saut, faible en 2009 et bonne en 2012, entre 80 et 88 %.

Répartition par secteur de la consommation d’énergie finale en 2015

Répartition par secteur de la consommation d’énergie finale en 2015. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Télécharger le descriptif détaillé du graphique (PDF - 130.27 Ko)

Les transports représentent plus de la moitié des consommations d’énergie et l’électricité à peine plus d’un quart (28 %).

Des actions pour réduire les consommations

L’ADEME et ses partenaires (EDF, Collectivité territoriale de Guyane [CTG], État) réalisent des études de planification énergétique, afin d’identifier les gisements, les actions d’économie d’énergie, et mettent en œuvre de nombreuses actions.

Ainsi, l’ADEME a mené en 2018 une étude d’actualisation du Plan énergétique régional pluriannuel de prospection et d’exploitation des énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle de l’énergie (PRERURE) afin de connaître les gisements de Maîtrise de la demande en énergie (MDE) à inscrire à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Consulter l’étude « Analyse de l’évolution des consommations d’énergie en Guyane et proposition d’un plan d’action de maîtrise de l’énergie » (ZIP - 8.01 Mo) (Alter, 2018)

Graphique de l’évolution des consommations et gains de maîtrise de l’énergie (hors véhicule électrique) dans les différents scénarios

Graphique de l’évolution des consommations et gains de maîtrise de l’énergie (hors véhicule électrique) dans les différents scénarios. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du graphique (PDF - 136.85 Ko)

Les effets de la règlementation

La règlementation thermique est venue encadrer la construction de logements en 2010, et l’ADEME pousse son extension au tertiaire. Elle prépare les professionnels à travers des « labels » expérimentaux.

► Pour en savoir plus, lire l’article « Rénover son logement »

L’État s’est aussi appuyé sur les étiquettes énergie pour interdire les appareils les plus énergivores pour la conservation des aliments (où l’on est passé du « G » au « A », soit une réduction par 5 de la consommation) et l’éclairage (de la lettre « E » au « A », soit également une réduction par 5 de la consommation).

L’ADEME invite à faire de même avec la climatisation. Pour préparer cela, des aides à l’achat permettent de promouvoir les matériels les plus performants.

Mais l’électricité ne représente que 28 % de l’énergie finale et les transports plus du double (62 %).

Transports & mobilité

Les transports restent aujourd’hui les parents pauvres des politiques locales. Toutefois l’action nationale sur l’étiquette énergie pour les véhicules, accompagnée d’un bonus-malus, a permis aussi de décaler les marchés vers des véhicules moins lourds et moins consommateurs, préparant une règlementation plus contraignante.

Dans le cadre des assises de l’Outre-mer, l’ADEME a animé un groupe de travail sur la mobilité, dont elle a repris la production pour préparer la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Lire la note « Enjeux de la mobilité en Guyane, note préparatoire à la révision de la PPE » (PDF - 732.86 Ko)

De nombreuses propositions permettraient d’améliorer la mobilité des précaires et l’insertion sociale et professionnelle tout en réduisant les consommations de carburant.

► Lire l’article « Mobilité et transport »

L’évolution législative de la maîtrise des consommations d’électricité

L’électricité coûte bien plus cher à produire en Guyane qu’elle n’est vendue. Afin de garantir dans les Zones non interconnectées (ZNI) le même prix de l’électricité qu’en métropole, un fond a été créé : la Contribution au service public de l’électricité (CSPE). Elle a pour rôle de compenser ce surcoût de production, ainsi que les actions de réduction des consommations d’électricité.

Une série d’arrêtés et de délibérations en 2016 et 2017 a ainsi permis de fixer le cadre d’intervention de la CSPE. Une limite a été fixée à 1 M€ de travaux :

  • au-dessus de la limite, le mécanisme fonctionne comme pour les énergies renouvelables. Le « producteur » de l’action d’économie reçoit une compensation annuelle de son investissement, sur sa durée d’amortissement, avec un certain taux de rentabilité. Cela suppose bien souvent la mise en place de tiers investisseurs ;
  • en-dessous de la limite, une prime est apportée à l’achat, dans la limite des économies de CSPE réalisées. Cette prime est cumulable avec celle des certificats d’économie d’énergie. Un « cadre de compensation de la MDE » a été proposé en 2018 par la CTG, l’État, l’ADEME et EDF et validé par la Commission de régulation de l’énergie en janvier 2019.

Le déploiement massif de ces aides, tel que voulu par l’État, ne se fera pas sans un accompagnement de terrain, de la communication, mais surtout de la sensibilisation et de l’accompagnement des porteurs et des filières. L’étude MDE réalisée pour l’ADEME en 2018 estime le besoin à une vingtaine de postes, là où il en existe 2 actuellement.

Voir sur le site d’EDF Guyane les aides disponibles

Objectifs et missions de l’ADEME

L’ADEME en Guyane accompagne le territoire dans sa recherche d’efficacité énergétique par le biais de plusieurs actions :

  • sensibilisation de la population sur les économies d’énergie ;
  • développement des relais qui vont porter les actions de sensibilisation auprès des habitants en s’adaptant à leurs enjeux et problématiques ;
  • accompagnement technique et financier des acteurs du territoire dans leurs démarches vertueuses, ambitieuses et innovantes.