Mobilité et transport

Contexte des transports en Guyane

L’Observatoire régional de l’énergie et du carbone a produit en 2017 le bilan énergétique de la Guyane pour 2015. Le transport représente 62 % des consommations du territoire.

Schéma de la répartition par secteur de la consommation d'énergie finale en 2015. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 128.52 Ko)

Ces consommations se répartissent comme suit :

  • ⅓ sont issues des transports internationaux aériens et maritimes (kérosène et gazole navire) ;
  • 55 % du routier (majoritaire sur le littoral) ;
  • et 10 % du transport fluvial (principalement intérieur).

La consommation énergétique fluviale (sans plomb fluvial), principalement liée au fret sur le Maroni, dépasse celle du fret maritime (gazole navire). La consommation énergétique fluviale est impactée en effet par une très faible efficacité énergétique (environ 40 litres pour 100 km par tonne transportée).

Schéma de la répartition des utilisations pour le secteur des transports en 2015. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 130.31 Ko)

Une intermodalité au tout début de la réflexion

Le transport de marchandises

La connexion entre les modes de transports est peu organisée en Guyane, tant pour les personnes que pour les marchandises.

Pour le fret, les produits arrivent principalement par conteneur au port de Dégrad des Cannes, près de Cayenne. Ces conteneurs sont le plus souvent directement transportés et livrés aux centrales d’achat, aux commerces importants et aux entreprises.

Dans les communes fluviales, le déchargement du fret se fait à la main. Le transport de matériels d’un certain poids est difficile, voire impossible par absence d’engins de levage. Des cales de transfert pour les marchandises et les personnes sont à l’étude.

La ville de Cayenne ayant interdit le dépôt de conteneurs sur sa chaussée, les livraisons sont effectuées par camions vers les petits commerces. Une plateforme de dépôt est en projet. Les produits locaux sont livrés par camion de toutes tailles. On notera un fort usage de camionnettes à plateau, en particulier pour les produits alimentaires locaux et les matériaux de construction.

Le transport de personnes

L’intermodalité entre les transports en commun et les autres modes n’est pas organisée :

  • des trottoirs en centre-ville, mais parfois une absence de trottoir dans les quartiers desservis par les bus ;
  • une absence de voie cyclable permettant de rejoindre une ligne de bus ;
  • une absence de parking vélo sécurisé ;
  • une absence de parking voiture au niveau des terminus ou des nœuds importants de bus.

De plus, le covoiturage, qui se développe à travers plusieurs plateformes (connectés à une ligne de bus, avec parking sécurisé pour les vélos et les voitures…) ne dispose pas de lieu de rencontre défini.

Pour les communes de l’intérieur accessibles par avion ou pirogue, ces modes de transport sont peu connectés aux transports en commun (desserte de l’aéroport « à la demande », pas de transport à l’arrivée en pirogue à Apatou ou Saut-Maripa).

Quelle place pour le véhicule électrique ?

La réponse aux enjeux environnementaux du secteur des transports passe par une amélioration de l’efficacité énergétique des différents modes de transports et par une modification des comportements.

Le véhicule électrique s’inscrit dans le panel des solutions à développer (silence de fonctionnement, émissions polluantes nulles sur le lieu d’habitation, coût de maintenance mécanique réduit, coût d’exploitation plus faible).

Associée à l’économie circulaire, à la maîtrise de la consommation énergétique et au développement des capacités de stockage, l’électromobilité pourrait accélérer la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables.

Les autres enjeux environnementaux à prendre en compte dans le domaine des transports et de la mobilité sont :

  • les nuisances sonores en milieu urbain notamment ;
  • le coût et la précarité (telle que la mise en place de plateformes de partage d’entraide permettant d’apporter des solutions pour se déplacer plus facilement, l’autopartage…) ;
  • la lutte contre l’étalement urbain, la surconsommation des espaces naturels, et la préservation biodiversité.

Des enjeux économiques sont également à prendre en considération tels que :

  • la diffusion de véhicules moins polluants ;
  • le développement des services de mobilité ;
  • le soutien pour déployer des infrastructures de recharge à énergie renouvelable.

La priorité est de construire et de proposer des alternatives à la voiture particulière dans le cadre d’un management de la mobilité réfléchi et coordonné avec tous les acteurs du territoire afin de résoudre les problèmes de congestion et de pollution atmosphérique et de mobilité contrainte pouvant être un frein à l’emploi dans certains cas.

Objectifs et missions de l’ADEME

La politique énergétique nationale a pour objectifs de :

  • contribuer à l’atteinte des objectifs de réduction de la pollution atmosphérique prévus par le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques défini par l’article L. 222-9 du code de l’environnement ;
  • de parvenir à l’autonomie énergétique dans les départements d’Outre-mer à l’horizon 2030 avec, comme objectif intermédiaire, 50 % d’énergies renouvelables en 2020.

L’objectif de l’ADEME Guyane est de créer un cadre favorable pour fédérer les acteurs et généraliser des pratiques de mobilité et de transport durables sur le territoire.

Les priorités de l’Agence sont les suivantes :

  • inciter et accompagner le changement de comportement vers les solutions de mobilité durable des personnes :
    • optimiser les déplacements professionnels dans les flottes captives (mutation vers une flotte décarbonée),
    • lancer des démarches novatrices de plans de mobilité (dimension territoriale et collective, « Booster de mobilité active »…),
    • définir un plan d’actions « mobilité active » (indemnité vélo, réemploi des vélos),
    • soutenir le développement de services innovants (covoiturage dynamique, autopartage, service vélo) et utilisation innovante des services (mutualisation, réorganisation…),
    • soutenir l’expérimentation des systèmes d’information multimodale ;
  • adapter les transports de marchandises et chaines logistiques aux défis environnementaux :
    • déployer la charte et le label Objectif CO2,
    • optimiser la logistique urbaine ;
  • accompagner les territoires dans la mise en œuvre de politiques intégrées de mobilité durable :
    • développer le télétravail,
    • aider à la réduction de l’usage des véhicules les plus polluants dans une zone où la qualité de l’air est dégradée,
    • évaluer de l’impact des choix d’aménagement,
    • accompagner les collectivités dans le cadre des Plans climat air énergie climat (PCAET),
    • développer de la mobilité électrique à énergie renouvelable (infrastructures de recharge des véhicules électriques, projets locaux),
    • développer de la mobilité inclusive (lutte contre la précarité énergétique) par des solutions concrètes innovantes (plateforme de mobilité).

Quelques documents de référence