Observatoire du carbone

La mission carbone de l’observatoire énergie climat de Guyane

0

Avant sa mise en veille en 2017, l’observatoire énergie climat de Guyane a reçu en 2014 une nouvelle mission d’observation : le carbone. Un premier travail a été réalisé avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique (CIRAD) afin de finaliser et synthétiser les actions de recherche sur le sujet. L’objectif était de produire les indicateurs nécessaires à la réalisation de ces bilans.

L’observatoire, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’ADEME ont organisé une journée technique sur le carbone des sols début 2017, qui a permis de réaliser un état des lieux de la recherche sur le sujet. En effet, si le contenu carbone de la végétation, pour sa partie aérienne, est assez bien connue en fonction des types de peuplements, le contenu carbone des sols est plus incertain et variable à la fois en profondeur et en quantité selon la géologie des sols et de la végétation qui le couvre (forêt, cultures, prairies…).

La COP 21 a montré le rôle majeur des sols dans le stockage carbone, voire la séquestration du CO2 atmosphérique (approche 4/1 000e) afin de limiter le changement climatique.

L’ADEME a soutenu les actions de recherche de l’IRD, tout d’abord à travers un appel à projets national, puis le financement régional d’une thèse. Elle soutient aussi le CIRAD dans le but d’adapter à la Guyane l’outil international Agri climate change tool (ACCT) de mesure de l’impact carbone à la ferme.

De nombreuses actions de recherche sont menées sous l’égide de l’Unité mixte de recherche Écologie des forêts de Guyane (UMR Ecofog), qui regroupe les principaux laboratoires de Guyane.

Les enjeux liés à l’aménagement du territoire

Le rejet de gaz à effet de serre par hectare en Guyane est proche de celui des États-Unis, principalement dû au changement d’affectation des sols, c’est-à-dire de la conversion de surfaces de forêt en surface agricole, urbaine, etc.

Ces calculs ne tiennent compte que de :

  • la perte du carbone aérien (600 tonnes par hectare par la combustion du couvert forestier) ;
  • la perte du carbone des sols.

Selon les pratiques, les bilans peuvent être augmentés :

Consulter le bilan publié en 2016 par Guyane énergie-climat « GES et forêt : méthodologie, bilan et analyse » (PDF - 3.1 Mo)

Répartition sectorielle des émissions de gaz à effet de serre en Guyane pour l’année 2013 (source CITEPA – rapport Outre-mer)

Schéma de la répartition sectorielle des émissions de gaz à effet de serre en Guyane pour l’année 2013. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 122.25 Ko)

On notera que la recherche montre, et cela rejoint le bon sens, que la protection du carbone des sols impacte leur fertilité, leur carbone, leur richesse et l’activité biologique. La cellule biomasse a ainsi publié un cahier des charges des pratiques de défriche agricole à faible impact.

Or la Guyane a du mal à maîtriser son foncier. Ainsi l’observatoire du carbone, en se basant sur les données de l’inventaire forestier national, compte 50 000 hectares (ha) de cultures et 12 000 ha de prairies. La Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) n’inventorie quant à elle que 30 000 ha de Surface agricole utile (SAU).

Ce rapport s’explique par :

  • la non-prise en compte dans la SAU des abatis-brulis itinérants traditionnels ;
  • l’abandon de terres agricoles ;
  • le détournement de terres privées classées agricoles en zones d’habitation ;
  • ou par les actions de préemption de terrain de certaines « associations foncières ». Ce problème est soulevé par de nombreux rapports officiels.

L’occupation du sol en Guyane en 2012

La mise en eau du barrage de Petit Saut a représenté le plus gros changement d’affectation de sols de la Guyane, avec 32 000 ha en 1992, et son impact sur le bilan gaz à effet de serre se fait encore ressentir. Il ne s’agit pas non plus de dramatiser la situation. La Guyane est couverte à plus de 95 % par sa forêt. La population devant doubler d’ici 2050, l’aménagement agricole et urbain reste nécessaire.

Schéma des zones humides en guyane. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 105.07 Ko)

Schéma des autres usages des sols (hors zones humides). Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 103.88 Ko)

Profil d’émission pour le secteur Utilisation des terres, leurs changements et la forêt (UTCF) en Guyane

Schéma du profil d’émission pour le secteur Utilisation des terres, leurs changements et la forêt (UTCF) en Guyane. Voir descriptif détaillé ci-après

0

Descriptif détaillé du schéma (PDF - 133.9 Ko)

La libération de 20 000 ha de surface agricole et urbaine ne consommerait que 0,25 % de la surface du territoire, en s’appuyant sur la création en cours d’une Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) et le travail de l’Établissement public foncier et d’aménagement de la Guyane (EPFA), à même de garantir le bon usage des terres.

Ainsi l’observation, mais aussi l’encadrement de l’aménagement du territoire vont de pair, l’un mesurant la politique de l’autre. Dans un monde où les rejets de carbone et le changement d’affectation des sols sont de plus en plus regardés et pointés du doigt, un outil d’observation est la base des négociations à venir.

Quelques documents de référence